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Comment l'Afrique crée ses infrastructures

Toutes les civilisations se sont développées autour des autoroutes naturelles que constituaient les fleuves. Les axes de communication constituent, en effet, l'un des principaux leviers du développement économique, en ce qu'ils favorisent les échanges commerciaux. Nulle surprise alors que les pays qui ont cherché à se développer ont massivement investi fût-ce au prix de sacrifices humains, dans les infrastructures de communication. Des Romains et de leur voie apienne aux autostradas italiennes des années 1930 en passant par le chemin de fer transaméricain,toutes les puissances économiques ont cherché à développer les voies de communication les mieux adaptées à leur époque.

Le déficit d'infrastructures basiques (à commencer par les routes), a longtemps été un frein majeur au développement économique de l'Afrique. Mais les choses bougent enfin. Les projets de grandes liaisons transcontinentales prennent forme, les pistes sont progressivement remplacées par des routes (qui se souvient aujourd'hui qu'il fallait une semaine et « manger » des centaines de kilomètres de sable pour relier Tanger au Maroc à Dakar au Sénégal, il y a encore 10 ans ?).

Alors quelles sont les infrastructures les plus importantes. Un expert du BTP en Afrique, Hassan Hachem , partage sa vision des enjeux posés par les infrastructures en Afrique. «  Sur un continent où les liaisons routières font cruellement défaut, les ports sont les éléments les plus critiques, surtout pour un pays qui veut développer ses échanges avec l'extérieur. Les ports constituent le trait d'union permettant d'intégrer un pays dans l'économie globalisée. Sans port suffisamment grand et profond, les liens d'un pays avec l'extérieur risquent de demeurer insignifiants. »

« Mais l'ouverture sur l'extérieur est loin d'être suffisante », indique Hassan Hachem. « Une fois, un grand port construit, les routes constituent la deuxième infrastructure essentielle. De l'existence et de la qualité des routes dépendent la capacité d'un gouvernement central à administrer les régions les plus éloignées tout comme la densité et la fréquence des échanges commerciaux indispensables pour la valorisation des richesses de chaque ville et de chaque région », précise Hassan Hachem.

Ceci étant posé, le développement d'infrastructures portuaires ou routières repose sur la pierre d'achoppement de tout projet de développement : le financement. Les financements n'étaient pas à la hauteur des besoins jusqu'à la fin des années 1990. A partir de cette date, plusieurs éléments ont permis de résoudre, en partie, les problèmes de financement. La baisse des coûts de construction des investissements grâce à l'arrivée de sociétés de BTP chinoises proposant des infrastructures à des coûts inférieurs à ceux des sociétés européennes ou américaines (encore que les sociétés chinoises proposent souvent des prestations complémentaires à prix élevé, une fois le marché principal décroché). Ensuite, l’apport de financements associés toujours par les Chinois souvent dans le cadre d'accès privilégiés aux ressources naturelles du pays. Enfin, ce sont les économies des pays africains eux-mêmes qui se développent et permettent de dégager des moyens plus importants pour les investissements.

L'Afrique est ainsi en train de combler sinon son retard, tout au moins, une partie de ses besoins en matière d'infrastructures. Petit à petit, les conditions du développement économique se mettent en place.

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